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Interview : Samuel Hiram IYODI est un jeune camerounais, auteur du livre intitulé «Mes Rêves de Jeune…Le Cameroun pour les 50 prochaines années».

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La jeunesse est entreprenante, persévérante et même endurante. Face aux nombreux défis qui l’interpellent pour une émergence future, elle se montre bien déterminante. Samuel Hiram IYODI est un jeune camerounais, auteur du livre intitulé «Mes Rêves de Jeune…Le Cameroun pour les 50 prochaines années».vu le rôle à jouer non négligeable de la jeunesse dans ce processus, son porte parole le décrit si bien dans son ouvrage. Allé à sa rencontre, SupMagazine a décidé de partager ses recherches avec le grand public.

1-    Qui est Samuel Hiram IYODI ?

Il est souvent difficile de se soumettre à l’exercice de parler de soi. Pour faire simple, je suis un ingénieur camerounais âgé de 27 ans, qui exerce depuis bientôt 3 ans, des responsabilités opérationnelles comme Auditeur Oil&Gas au sein de la Firme Cameroun Audit Conseil (C.A.C. International). Ma forte implication associative ainsi que le regard que je porte sur le monde ont fini par me convaincre que l’éveil, ou alors le réveil de l’Afrique, ne pourront s’opérer que si sa Jeunesse (j’entends ici ceux qui étaient âgés de moins de 35 ans en 2010) prend conscience de son potentiel et le valorise adéquatement. Cette conviction m’a poussé à rédiger et à faire publier en 2011, un ouvrage intitulé «Mes Rêves de Jeune…Le Cameroun pour les 50 prochaines années». Ce modeste travail expose et propose ma démarche pour l’implication des jeunes au service du développement socioéconomique et culturel du Cameroun, au courant des deux prochaines décennies.

2-    Comment arrivez-vous à prendre la décision d’écrire ce livre ?

En 2009, alors que j’entame ma dernière année d’études et que je dirige l’Association des Camerounais de la Ville de Québec (A.C.Q.), mon ami et frère aîné Serge Tchaha me convie à participer à un projet collectif dont il est le principal initiateur. Il s’agit de la rédaction d’un ouvrage intitulé « Nous faisons le rêve que l’Afrique de 2060 sera … » qui paraîtra aux éditions l’Harmattan en 2010, préfacé par l’ancien Président sénégalais, M. Abdou Diouf.

Je décide d’axer mon travail sur la problématique des transitions politiques pacifiques en Afrique noire. Prenant pour exemple le cas de mon pays, ma démarche consiste à ce moment-là, à décrire  les ambitions et les projets que je souhaite voir incarner le 3ème président de la République du Cameroun. Multiples idées commencent à me venir à l’esprit à la suite de mes recherches, et je me sens particulièrement interpellé par le parcours et les réalisations du troisième président américain, Thomas Jefferson. Me rendant à l’évidence que mon travail sort du cadre que je me suis assigné, j’abandonne le projet collectif et je décide de me concentrer sur un travail individuel, avec pour principal thème : la contribution et l’implication des jeunes au service du développement socioéconomique et culturel du Cameroun. En 2010, je partage mon travail sur la toile via les réseaux sociaux et plusieurs sites d’informations de la communauté camerounaise. Je reçois des retours intéressants qui me poussent dès mon retour au Cameroun définitif en mi-2011, à soumettre l’ouvrage à la relecture auprès de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, puis aux Editions Veritas. Voilà en résumé, les étapes qui conduiront à la publication du livre « Mes Rêves de Jeune … Le Cameroun des 50 prochaines années », en Septembre 2011.

3-    Pourquoi avoir choisi d’orienter votre œuvre littéraire sur l’émergence du Cameroun ?

L’Afrique constituera le cœur de l’économie mondiale d’ici 2040 si on s’en tient aux prévisions des principaux cabinets d’études stratégiques. Dans deux décennies, notre continent comptera 2 milliards d’habitants, avec une population extrêmement jeune (moyenne d’âge située autour de 30 ans), ce qui en fera l’un des principaux marchés de consommation et le principal pourvoyeur de main d’œuvre (potentiellement qualifiée) de la planète. Nous sommes sans ignorer que l’Afrique est déjà à ce jour, le principal réservoir de matières premières. L’Afrique doit donc se préparer à jouer ce rôle de leader mondial, afin que la croissance économique ne se fasse pas exclusivement au profit des multinationales des pays développés.

Au cœur de cette Afrique, le Cameroun dispose d’une position stratégique non seulement pour son accès à la mer, sa position  sur le golfe de Guinée, mais aussi son leadership économique dans la sous-région Afrique Centrale. Le Cameroun fait donc incontestablement partie des nations appelées à soutenir ce rêve Africain. Pour ce faire, notre pays doit produire dès aujourd’hui, des leaders à même de concurrencer avec ceux des pays dits développés. La réalisation de cet objectif passe par les mesures que prendra le gouvernement dans le sens de la promotion de l’entrepreneuriat et du leadership politique chez les jeunes ; mais aussi par la capacité des moins de 35 ans à réaliser leur potentiel réel, et à le mettre au service du développement de leurs communautés de vie et d’origine, et par extension du Cameroun.

L’émergence, loin du discours politique, impose donc des changements psychosociologiques et économiques tant au niveau de la gouvernance que des modes de pensée de la jeunesse. L’envie de participer à cet éveil de conscience de la jeunesse est le principal leitmotiv qui a orienté le choix des thématiques abordées dans mon ouvrage.

4-    Pensez-vous que l’écriture soit une arme assez performante pour changer les mentalités d’un Cameroun miné par le tribalisme, le conflit de générations et la corruption pour ne citer que ceux-ci ?

La principale raison expliquant les échecs successifs essuyés par notre continent en général, dans ses tentatives d’éveil ou de réveil, réside d’après moi dans le déficit de notre PENSEE. Comment concevons-nous la VIE, le MONDE, le DEVELOPPEMENT, la FAMILLE, l’ÊTRE … l’EMERGENCE ? Quels contenus mettons-nous derrière ces concepts ?  La pensée étant la base de la réflexion puis de la planification et enfin de l’action, la réponse à ces questions exige donc une refonte de la pensée des jeunes africains que nous sommes.  L’écriture y contribue fortement.

Mon livre soulève justement des fléaux tels que la corruption ou le tribalisme. J’y soutiens notamment une démarche de prise de connaissance de notre histoire en tant que Nation. Et j’affirme que cette réappropriation de l’histoire véritable de nos peuples prouvera aux jeunes que nous avons une racine commune ; nos peuples étant frères, le tribalisme n’a pas lieu d’être.

Vous m’opposerez sans doute le fait que ceux de notre génération lisent peu. Toutefois, les écrits demeurant, l’objectif visé à travers ce projet d’ouvrage est de transmettre ma vision au plus grand nombre parmi mes compatriotes. Il n y a pas de solutions miracle, il n y a pas de contribution négligeable, chaque camerounais doit apporter sa pierre à l’édifice. L’arme la plus performante est la PENSEE, et pour adéquatement l’utiliser, il faut FORMER et EDUQUER ; Cela se fait aussi et surtout par la voie de la lecture, et donc de l’écriture.

5-    Quel jugement de valeurs portez-vous sur la gouvernance du Cameroun pour une émergence à l’horizon 2035 ?

Je dois dire que je suis peu qualifié pour porter une analyse critique pertinente sur la gouvernance du Cameroun dans l’optique de l’atteinte de l’émergence en 2035. Tel que je l’ai précisé plus haut, il faudrait peut-être que l’on commence à expliquer aux camerounais, ce que l’on entend par émergence.

Je suis quelque peu optimiste face à l’avancée des projets structurants, notamment les projets énergétiques ; je reste toutefois dubitatif face à ce que je considère comme la non-valorisation des compétences et capacités réelles de notre jeunesse. Dans un monde interconnecté où les NTIC, notamment à travers les réseaux sociaux, occupent une place de plus en plus importante dans les échanges entre les personnes et les peuples, très peu de jeunes sont associés à la planification et la gestion de ces projets structurants. Nous courrons de ce fait le risque d’observer dans les années à venir, une inadéquation entre les projets  en voie de réalisation et les besoins réels de la majorité de la population.

Si la méritocratie reprend son sens dans le processus de désignation des dirigeants et responsables ; et que toutes les couches de population sont associées aux décisions publiques, il n y a pas de raison pour que les objectifs fixés ne soient pas atteints.

6-    Un bref résumé de votre livre ainsi que les points de distribution pour des potentiels lecteurs…

« Mes Rêves de Jeune … Le Cameroun des 50 prochaines années » pourrait se résumer en quatre principales thématiques :

-          L’Histoire : Je présente l’urgence de la réappropriation par les moins de 40 ans, des faits marquants de notre histoire depuis la conférence de Berlin en 1885, avec un accent mis sur le parcours des « foundingfathers ». Une Nation mesure sa grandeur à la place qu’elle donne à ses héros et j‘insiste sur le fait que ceux qui ont donné leur sueur, leurs larmes et leur sang pour que nous puissions vivre dans un pays libre, sont très peu représentés dans l’imagerie populaire. Ceci aurait pourtant contribué à véhiculer le patriotisme parmi les nôtres.

-          La Culture : Les modes de pensée et les modèles de développement résultent d’après moi des valeurs qui sont véhiculées à travers l’éducation. Ces valeurs résultent elles-mêmes des traditions et des cultures. Face à la dépravation des mœurs, les délinquances juvéniles, la perte par la femme de son rôle central au cœur de nos sociétés : l’urgence appelle notre génération à se ressourcer à l’essence de ce qui constitue les traditions de nos peuples. Je présente donc dans mon ouvrage la tradition comme un système de pensée dans lequel résulte le secret de la réussite de la véritable renaissance africaine.

-          L’Entrepreneuriat : Je considère l’entrepreneuriat comme la principale voie palliative à la crise de l’emploi qui mine notre génération. L’entrepreneuriat nécessitant des moyens conséquents, et conscient de la difficulté d’accès au financement à laquelle se heurte bon nombre d’entre nous, je présente ma solution : la mutualisation de capitaux et de compétences. Mon livre invite donc les jeunes à apprendre à entreprendre ENSEMBLE !

-          La Politique : L’un des défis majeurs du continent africain étant la représentativité des jeunes au sein des cercles de pouvoir et de décision, j’explique à mes congénères que ceux qui veulent voir leurs idées triompher ont tout intérêt à investir l’arène politique pour défendre leurs positions. Dans un pays où 50% de la population à moins de 40 ans, j’émets le vœu d’une plus forte représentation des jeunes parmi les élus et les décideurs de la chose publique. Ceci soulève une prise de conscience et une implication plus importante de notre part.

L’ouvrage est disponible sur l’ensemble du réseau Messapresse au Cameroun, et auprès de la Fondation Mbômbôlè à Douala (Ancien dépôt Guinness Bonapriso). Il est également disponible en ligne à partir du site internet de la Librairie KIYIKAAT pour ceux qui résident en Europe et en Amérique du Nord.

(http://www.kiyikaat.com/index.php?controller=product?id_product=286).

7-    Que doit retenir le grand public de cette association créée par les jeunes camerounais et dont vous assumez la présidence en ce moment ?

La Synergie de la Jeunesse Camerounaise est une plateforme participative de réflexion de propositions et d’actions des 15 – 35 ans, en ce qui a trait aux difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent dans leur quête d’épanouissement et d’accomplissement. Cette association créée en 2013, agit selon les trois pôles suivants :

  •  L’Economique : L’amélioration des compétences des jeunes et le développement de l’esprit d’entreprise
  • Le Social : La vulgarisation de la solidarité communautaire et de l’engagement citoyen
  • Le Culturel : La valorisation des traditions et la revalorisation de notre histoire en tant que Nation

Nous avons récemment publié, à l’occasion de la fête nationale de la Jeunesse, un Carnet de l’engagement pour la Jeunesse intitulé : Le Guide du Bon Citoyen. Ce document expose et propose une démarche citoyenne à nos congénères, dans le but de renforcer et d’encourager leur implication dans la vie sociale, économique et culturelle du Cameroun. La Synergie de la Jeunesse Camerounaise y donne sa définition du « bon » citoyen. L’accent est mis sur la nécessité de se responsabiliser, les moyens pour le devenir et les possibilités à la disposition de tous les volontaires, pour encourager nos frères et sœurs à s’engager sur la voix de la réforme sociale ; par la réforme de SOI d’abord, afin d’incarner la « citoyenneté responsable ».

Pour plus d’informations au sujet de notre association, sa mission, ses objectifs ou son carnet, j’invite vos nombreux lecteurs à visiter notre page Facebook (www.facebook/sjc.synergie) ainsi que notre site internet : www.sjc-online.com

 

8-    Votre mot de fin

DEMAIN ne se construit qu’avec l’IMPLICATION de CHACUN … AUJOURD’HUI : Jeunesse qui veut, peut !

SupMagazine vous remercie.

C’est moi qui vous remercie de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer sur des sujets qui me tiennent à cœur. 

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