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Géostratégie Africaine : voici pourquoi la France ne peut pas gagner une confrontation militaire directe avec le Cameroun, au Cameroun (Partie 1/5)

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Leçon de Géostratégie africaine n° 70

VOICI POURQUOI LA FRANCE NE PEUT PAS GAGNER UNE CONFRONTATION MILITAIRE DIRECTE AVEC LE CAMEROUN, AU CAMEROUN. Partie 1/5

De Jean-Paul Pougala

Étienne de La Boétie, ce penseur de la renaissance française n'a que dix-huit ans lorsqu'en 1549, dans son premier livre intitulé "Discours de la servitude volontaire", il affirme ceci : « on ne regrette jamais ce que l'on n'a jamais eu ».

Un peuple ne peut pas regretter ce qu'il n'a jamais connu. Cinq siècles d'esclavage des Africains par les Européens ont été très longs, trop longs. Je me suis souvent demandé comment cela était possible que les Européens aient pu tenir en esclavage le peuple africain pendant une période aussi longue. Et puis, c'est la Boétie qui me donne la réponse. En effet, à bien y regarder, lorsque les premières générations d'Africains ont été défaites et réduites en esclavage, il est naturel que les deuxièmes soient nées, aient grandi et soient mortes dans l'esclavage. Elles ne pouvaient nullement regretter la liberté ou autre chose que leur servitude, leur seule et unique réalité. Et donc, une fois dépassé un certain nombre de générations, ils ne se sont même plus battus. Pourquoi l'auraient-ils fait ? Pour quel objectif ? Puisqu'ils ne connaissaient que la servitude ?

Pour La Boétie, il est tout à fait naturel que les personnes qui n'ont jamais connu autre chose que la servitude « servent sans regret et fassent volontairement ce que leurs pères n'auraient fait que par contrainte ». Donc, la première raison pour laquelle ces « hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serfs et qu'ils sont élevés comme tels ». Voilà les propos d'un adolescent de 18 ans en 1549. Comparez-les à ceux d'un député français de 54 ans (Thierry Mariani) le 06 mai 2014 à propos du kidnapping par la secte créationniste islamiste Boko Haram, de plus de 200 lycéennes nigérianes et de la menace de les vendre : « c'est la preuve que les Africains n'ont pas attendu les Européens pour pratiquer l'esclavage ». On a là, la preuve même que certainement, le niveau d'intelligence des Européens qui nous ont réduit en esclavage était certainement supérieur à celui de nos ancêtres qui n'ont donc pas pu se défendre convenablement devant la ruse des hôtes. Avec le temps, on peut aussi constater que ce niveau d'intelligence française s'est nettement dégradé s'il faut comparer La Boetie à un élu de la République française comme Thierry Mariani, ou même au chef de l'Etat français, François Hollande qui a confisqué l'Ambassade de la République de Syrie à Paris, renvoyer l'ambassadeur pour l'attribuer aux Djihadistes qu'il interrompt ses vacances pour venir nous promettre de les combattre en Irak. C'est toujours le même qui va annoncer triomphalement de punir la Russie avec ses sanctions économique, avant de découvrir un mois après que si en Russie, personne ne s'était rendu compte de ses sanctions, chez les agriculteurs français, tout le monde sais avec son porte-monnaie que le président Russie a décidé des sanctions. Avec le temps donc, on peut constater que le niveau de raisonnement européen est au plus bas, alors que les africains montent en gallon, sans pour autant que cela se traduisent par une véritable prise d'autonomie de ces derniers. Et pourquoi ?

J'avais annoncé le titre de cette leçon au mois de décembre 2013. J'ai attendu 5 mois pour faire la leçon en classe à ISMA et 8 mois pour la rendre publique. Ces 8 mois m'ont servi à étudier l'impact sur la population camerounaise de la servitude volontaire envers la France. Le titre était bien clair : « Le Cameroun battrait la France en cas de confrontation militaire ». En ces 8 mois, j'ai reçu une infinité de courriers pour la plupart me demandant de confirmer qu'il ne s'agissait
que d'une blague ou d'une provocation. Dans tous les cas, tous ceux qui m'ont écrit étaient plutôt stupéfaits, incrédules, confus, curieux de découvrir par quel miracle le Cameroun aurait été capable de battre la France sur le plan militaire.

Comme l'on peut constater, aucun des intervenants ne me dira que j'ai peut-être raison si je leur dis qu'avec la cyberguerre, un petit pays peut battre un autre plus grand. Ou bien qu'avec l'exemple afghan, le plus fort n'est pas toujours assuré de battre le plus faible. Pour toutes ces personnes, il est acquis que la France battrait le Cameroun, quelles que soit les conditions. On peut donc dire sans se tromper que la vraie victoire que la France a aujourd'hui sur le Cameroun est d'ordre psychologique des Camerounais restés mentalement esclaves, soumis depuis leur naissance à l'exécution du commandement français, aux règles et à l'ordre français. Ceci donne raison au penseur suisse Jean-Jacques Rousseau qui a écrit dans son livre « Le Contrat social » ceci : « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, à moins qu'il ne transforme sa force en droit, et l'obéissance en devoir».

Aujourd'hui, ce droit s'appelle « francophonie », ou encore « école française » à laquelle se bouscule presque toute l'élite intellectuelle camerounaise qui a les moyens de faire étudier ses enfants en France. Cette stratégie très gagnante (pour la France) prépare la route à l'obéissance volontaire des futures générations d'intellectuels camerounais, qui, comme leurs parents avant eux, encensés par un diplôme français, d'une école prestigieuse en France, rentreront au Cameroun et continueront à perpétrer la « force française » en droit universel et l'obéissance à la France en devoir absolu. C'est cela aujourd'hui, la triste réalité de la servitude volontaire dans presque toute l'Afrique dite « francophone », comme pour marquer d'un cachet indélébile, la soumission à un maître donné comme une partie intégrante de l'identité africaine contemporaine.

(La suite après...)

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