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Géostratégie Africaine : voici pourquoi la France ne peut pas gagner une confrontation militaire directe avec le Cameroun, au Cameroun (Partie 4/5)

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Leçon de Géostratégie africaine n° 70

VOICI POURQUOI LA FRANCE NE PEUT PAS GAGNER UNE CONFRONTATION MILITAIRE DIRECTE AVEC LE CAMEROUN, AU CAMEROUN. Partie 4/5

De Jean-Paul Pougala

ACCORDS DE DÉFENSE MILITAIRE ENTRE LA FRANCE ET LE CAMEROUN

Dans son livre intitulé "Les bamiléké au Cameroun: Ostracisme et sous-développement", à la page 159, Thomas Tchatchoua nous donne des détails très croustillants, même si tristes, très tristes de l'environnement dans lequel ont été signés par Amadou Ahidjo, tous les accords post-indépendance avec la France, y compris les fameux accords militaires. Il en résulte qu'après avoir fait écarter les Camerounais qui étaient avec Ahidjo, tous les conseillers chargés de négocier les accords avec la France étaient des Français. Ainsi, selon cette source, les accords de défense entre le Cameroun et la France ont été négociés, côté camerounais, par deux Français : Jacques Rousseau et Georges Becquey. C'est-à-dire que le pays France a négocié avec 2 Français, représentant le Cameroun de l'avenir du Cameroun. Un vrai cirque.

Et que stipulent donc ces accords confidentiels de défense entre le Cameroun et la France ?

Dans ces accords, « en échange de la protection militaire de la France », il est imposé au Cameroun de suivre les quelques indications suivantes :

a) Informer la France de la politique que les politiciens camerounais entendent suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, ainsi que des « mesures qu'ils se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique » ;

b) Faciliter, au profit des forces armées françaises, le stockage des matières premières et produits stratégiques; et lorsque les intérêts de la défense l'exigent, « limiter ou interdire leur exportation à destination d'autres pays » ;

c) Le Cameroun doit réserver en priorité la vente de ses matières premières et produits stratégiques à la République française, après satisfaction des besoins de sa consommation intérieure, et s'approvisionner en priorité auprès de la France, etc.

Ces accords confidentiels mentionnent même une liste de matières premières dites stratégiques qui appartiendront de fait à la France s'ils sont découverts sur le sol camerounais, notamment : les hydrocarbures liquides et gazeux, l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, l'hélium, etc. De peur qu'à l'avenir, la science identifie certains minerais qui ne figuraient pas sur la liste, la France a pris soin de signifier que cette liste pouvait encore s'allonger sans trop de complication, en ces termes : « les modifications à cette liste feront l'objet d'échanges de lettres entre les parties contractantes ».

En des mots plus simples, avec ces accords signés par 2 Français sous la présidence d'Amadou Ahidjo, en 1960 et renouvelés en 1974, le sous-sol du Cameroun appartient à la France. On comprendra seulement bien après que même ce qui était au-dessus du sol appartenait aussi à la France, comme les plantations de café et de cacao, d'où le risque de prison pour toute personne qui tentait de couper ces plantes pour les remplacer par quelque chose de plus rentable. Et ce n'est qu'en 2009, après la signature des nouveaux accords que les Camerounais sont devenus libres de se débarrasser de ces plantations ingrates et inutiles que sont le café, le cacao et le coton.

NOUVEAUX ACCORDS DE PARTENARIAT DE DÉFENSE OU ACTE DE DIVORCE

La constitution du Cameroun est modifiée en mars 2008 et Biya peut se présenter à nouveau. Mais au même moment, il va jurer à ses interlocuteurs français et américains qui veulent son départ qu'il ne va plus se représenter. Tout ce qu'il veut maintenant, c'est l'abolition des accords de défense avec la France.

La constitution du Cameroun est modifiée en mars 2008 et Biya peut se présenter à nouveau. Mais au même moment, il va jurer à ses interlocuteurs français et américains qui veulent son départ qu'il ne va plus se représenter. Tout ce qu'il veut maintenant, c'est l'abolition des accords de défense avec la France.

Qu'est-ce qui change entre l'ancien et le nouvel accord ?

- Avant, pendant 50 ans, il s'agissait des : "accords de défense et de coopération technique militaire", condamnés à rester secrets. Désormais, c'est plus court, ce sont les "accords de partenariat de défense".

- Avant, les accords étaient confidentiels. Désormais, ils sont publics, tout simplement parce qu'il s'agit dans ce cas d'un vrai accord de divorce et nous allons voir pourquoi.

- Toute la partie de contrainte pour le Cameroun et des matières premières dites stratégiques devant revenir automatiquement à la gestion de la France a tout simplement été supprimée des accords. Ce qui en langage du quartier Briqueterie à Yaoundé, veut dire que ce n'est que depuis 2009 que le Cameroun est réellement devenu indépendant et que Monsieur Biya n'est en réalité président du Cameroun que depuis cette année-là, pouvant donc librement disposer du sol camerounais sans l'accord préalable de la France. C'est ce qui explique la frénésie des contrats tous azimuts avec la Chine, ce qui était tout simplement impossible il y a 10 ans, lorsque l'Angola par exemple profitait de la manne chinoise pour relancer son économie.

(suite et fin après...)

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