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Bilinguisme - Parler français et anglais: Difficile d'être un camerounais bilingue du 21è siècle

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La matinée de lundi 3 février 2014 a marqué la célébration de la journée mondiale du bilinguisme au Cameroun. 

La semaine y relative a démarré à l'Ecole publique d'Akwa, dans la cité économique. 

«Bilinguisme, un atout pour un Cameroun émergent», c'est sur ce thème qu'a été lancée la semaine du bilinguisme à l'Ecole publique d'Akwa (Douala) dans la matinée du lundi 3 février 2014. Autorités administratives, locales, enseignants et élèves ont échangé sur la question du bilinguisme au Cameroun. Un sujet qui reste d'actualité, vu la difficulté qu’éprouvent les Camerounais dans la maîtrise les deux langues officielles. 

La Constitution camerounaise indique que le français de Molière et l'anglais de Shakespeare sont les deux langues officielles dans notre pays. Autrement dit, chaque citoyen devrait pouvoir s'exprimer en français et en anglais. Le constat est tout autre. Que ce soit dans nos écoles, nos lieux de travail, nos maisons, nos Eglises, le français est parlé par les francophones tandis que l'anglais est parlé par les anglophones. Le spectacle est tel que l'on pourrait penser qu'au pays de Paul Biya, seul le français est considéré comme langue officielle, si bien que les anglophones se sentent quelque peu marginalisés. 

Dans le milieu journalistique, que ce soit lors des débats, séminaires, ateliers ou conférences de presse, l'anglophone fournit plus d'efforts que le francophone, à s'exprimer en français de sorte à être écouté. Conséquence, les tous petits n'ont pas idée de la notion de bilinguisme. Ils sont inscrits dans des écoles exclusivement francophones ou anglophones. 

Très peu sont ceux-là qui parlent couramment les deux langues. Aujourd'hui, la multiplicité des centres de formation dans la capitale économique et autres ne suffit pas à pousser les populations à l'apprentissage des deux langues. 

En parlant du bilinguisme, son origine remonterait à la période coloniale, lorsque le Cameroun était en même temps dirigé par la France et l'Angleterre, comme territoire sous mandat de la Société des Nations (1918-1945), Puis sous-tutelle de l'Organisation des Nations-Unies (1945-1960) pour les francophones et, 1961 pour les anglophones et c'est sûrement la raison pour laquelle, le français et l'anglais ont été adoptés comme langues officielles du Cameroun après l'indépendance. 

En cinquante ans de bilinguisme, comment comprendre que le Cameroun encourage plus le bilinguisme en ville (chef-lieu de région) que dans nos villages et la qualité des infrastructures scolaires dans nos campagnes laisse à désirer. Dans certaines écoles de nos jours, il n'existe que deux bâtiments en briques de terre sans porte ni fenêtre, ne parlons plus de tables-bancs pour la Sil et le Cp. 

Parfois, les élèves des classes de Ce I, Ce2 , Cm1 et le Cm2 occupent une même classe, pour un total de 4 enseignants donc 1 d'anglais pour le Cm1 et Cm2. A Douala ou à Yaoundé, dans des établissements publics et privés du primaire, les cours d'anglais sont dispensés à partir de la maternelle et chaque salle abrite une classe précise contrairement à ce qui est vécu dans nos villages. Pour les compatriotes de langue anglophone, faire ses courses dans plusieurs régions du Cameroun n'est pas chose facile: les panneaux publicitaires et enseignes de par le triangle national à 90%, sont présentés en langue française et cette affirmation est aussi valable pour celui qui s'exprime uniquement en français lorsqu'il se retrouve dans la zone anglaise. Quelle harmonie?

© Linda Mbiapa | Aurore Plus

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