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Doctorats professionnels : Affairisme ou vision académique ?

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Diplomes

Le débat sur l'entrée en scène de ce diplôme fait rage au sein de la communauté universitaire.

Pour la première promotion, des doctorats professionnels, les responsables de la Fsjp de l'université de Yaoundé II, ont retenu 315 candidats sur environ 2000 sollicitations régulièrement exprimées. Ces potentiels docteurs professionnels doivent, entre autres conditions à remplir pour décrocher le titre qu'ils convoitent, s'acquitter chacun des droits universitaires s'élevant à 1,5 million Fcfa par an. Soit 4,5 millions Fcfa pour les trois années. Ce qui représente au total et à terme, environ 1,4 milliard de Fcfa.

Une véritable manne financière qui fait tourner bien des têtes, surtout les mieux garnies. Recteurs et chefs d'établissements sont prêts à s'affronter – à grand renforts d'arguments légaux – pour le contrôle de ce pactole. Oumarou Bouba et Magloire Ondoa ne se sont-ils pas déjà illustrés publiquement dans ce registre le 18 mars dernier ? Le spectacle ubuesque délivré par ces responsables, à faire dire à bien des universitaires – dont certains de haut vol – que l'avènement de ce diplôme procède davantage d'une logique « de recherche effrénée de l'argent ».

Les détracteurs du doctorat professionnel version Cameroun, s'offusque également de ce que, ce sésame soit taillé sur mesure pour l'élite de la société. De fait, nombre des 315 étudiants (répartis dans 32 filières, dont défense et stratégie) se recrutent dans la sphère de la haute administration, de l'armée ou de la justice. Le président du Tribunal criminel spécial (TCS), Yap Abdou, dont l'institution donne des insomnies à certains gestionnaires de la Fortune publique, fait notamment partie de cette première cuvée qui compte également des colonels.

A en croire Magloire Ondoa, « ce procès en sorcellerie sur les coûts prohibitifs du doctorat professionnel n'a pas sa raison d'être puisqu'en Côte-d'Ivoire par exemple, les étudiants déboursent 3 millions par an, soit un total de neuf millions pour le même diplôme ». Sur le grief de l'intérêt académique et social de ces diplômes, le socio-politiste Claude Abé souligne que « les doctorats professionnels ont toute leur place dans notre contexte. Ils sont pertinents parce qu'ils apportent des compétences aux hommes pour résoudre des problèmes pratiques ». Quasiment sur la même longueur d'onde, l'économiste Boniface Mbala Mbala évoquent quant à lui « la question de la validation des acquis d'expérience (Vae) », pour infléchir l'argument du profil des candidats. « Comment peut-on être en contradiction avec un choix de vision ? Le système Lmd, ne signifie t-il pas, licence, master et doctorat ?», s'interroge t-il.

Prenant le contrepied de l'argument des Vae, un enseignant de l'université de Yaoundé I, se demande si « la validation des acquis d'expérience peut justifier par exemple, qu'un journaliste sorti de l'Esstic avec son Dstic (Bac + 3) et qui a exercé pendant 10 ou 15 ans, puisse être recruté directement en cycle doctorat, fut-il professionnel ? Assurément non », tranche t-il sentencieux. Quoi qu'il en soit, les différents avis recensés dans le cadre de la présente somme, ainsi que les faits présentés, démontrent à suffisance combien se débat polarise l'attention de l'université camerounaise, plus que jamais interpellée par le développement national, qui constitue une de ses missions régaliennes.

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