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Enseignement primaire et secondaire : des diplômes d’Etat à la pelle

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C'est depuis le 15 juillet que les résultats de la session 2015 de l'examen d'État ont été publiés. Les autorités de l'enseignement national ont noté, pour Kinshasa, un taux de réussite de 63%, alors que la moyenne nationale pour toute la République était de 50% pour 2014.

Pendant que les Kinois se réjouissent de ce taux de réussite à l'édition 2015 de l'examen d'Etat, qui avoisine les 63 %, des voix s'élèvent pour dénoncer la qualité de certains autres lauréats qui n'ont, selon ces critiques, rien d'écolier.« Même les kuluna ont décroché les diplômes d'Etat cette année », ont souligné plus d'un Kinois indignés par le comportement affiché par certains lauréats sur place publique. Pour eux, Kuluna signifie ce commun de mortel dont le profil n'a rien avec celui de l'élève. Ces critiques sont également soutenues par les affirmations des élèves, qui applaudissent les vertus du système « suivi » instauré dans des écoles en vue de« corrompre » les autorités de l'enseignement.

Selon ce système, en effet, les écoles tiennent une caisse qui permet de « graisser les pattes » aux surveillants et aux examinateurs, lors de différentes épreuves de l'édition. C'est également le contenu de cette caisse, à laquelle contribue chaque élève finaliste, qui permet de voir les correcteurs ou les inspecteurs, selon les cas, assurer la réussite aux écoles qui s'adonnent à cette pratique.

Rehausser le niveau de l'enseignement

Parlant de l'édition 2015, le ministre de l'Enseignement primaire et secondaire et de l'initiation à la nouvelle citoyenneté, Maker Mwangu a estimé qu'il y a une amélioration dans l'ensemble de résultats de toutes les provinces. « L'amélioration est due au fait que nous mettons à la disposition des élèves des manuels scolaires. On ne peut pas étudier sans référentiel. Et là nous commençons à les avoir dans toutes les écoles. Et ça commence à nous donner les bons résultats », a-t-il notamment souligné.

Actuellement, les promoteurs d'écoles agissent plus en commerçants qu'en éducateurs. L'aspect commercial prend de l'ascendance sur l'éducation à telle enseigne que le niveau de l'enseignement en pâtit. Beaucoup, même les responsables des écoles conventionnées, se battent pour que leurs établissements obtiennent la fameuse note « 100% » de réussite. Peu sont ceux qui tablent sur la véritable valeur des éléments formés. Une situation qui s'étend même jusqu'aux niveaux élémentaires où il faut faire passer les élèves pour garnir les classes montantes afin d'assurer le financement des activités.

Pour lutter contre ces antivaleurs qui gangrènent le système national d'enseignement, les autorités doivent impérativement sanctionner et bannir l'impunité sur tous les plans. La rigueur comme celle du temps du Belge Marcott, alors Inspecteur général de l'Enseignement au Zaïre, doit être de mise afin de fournir au pays des têtes bien faites, en lieu et place de celles, bien pleines. Cela devra obligatoirement passer par la « réhabilitation » du corps des inspecteurs, qui doit contrôler la qualité des enseignements dispensés par les écoles à travers le territoire national.

Alors que la liesse est observable dans la ville de Kinshasa pendant la publication de ces résultats de l'examen d'Etat pour les finalistes de différentes sections telles que Pédagogie générale, Littéraire et Chimie-Biologie, on peut par ailleurs noter que la jubilation n'a pas atteint le niveau des années précédentes pendant lesquelles, ces lauréats se sont adonnés à certaines pratiques qui les ont exposés au danger. « Pas de concert de klaxons de véhicules ni des dérapages comme cela s'observait les précédentes années alors que tout se passait dans une ambiance… », a fait remarquer un observateur. Ce qui signifie qu'il est possible de mettre de l'ordre.

Lucien Dianzenza - ADIAC
Légendes et crédits photo : signe de liesse à la fin de la session de l'examen d'Etat

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