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Internet pour désenclaver les zones rurales

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Le Burkina Faso est un pays à prédominance rurale. Environ 70% de la population vit en milieu rural.  Son économie, encore largement basée sur le secteur primaire, repose fortement sur l’activité dans les zones rurales. Il est donc évident que le développement du pays passe par la dynamisation de l’environnement économique des régions rurales, et le renforcement des capacités et des connaissances des communautés rurales, notamment en créant des passerelles entre zones rurales, et avec les grands centres urbaines. Cependant, les infrastructures sont encore faibles, rendant difficile l’accès à ces zones, et  les communications et transactions entre différentes zones rurales, ou entre les zones rurales et les centres urbains. Si désenclaver les zones rurales passe indubitablement par la densification du réseau routier, les télécommunications en général, et Internet pourraient jouer un rôle important.

Le taux d’utilisateurs d’internet au Burkina Faso a connu une importante croissance ces dernières années, comme dans le reste de l’Afrique,  ceci couplé avec une très forte pénétration des réseaux mobiles (60% d’abonnés mobile en 2012). En 10 ans, il est passé de 0,4% à environ 4% de la population d pays. Cependant, il reste encore très bas par rapport à d’autres pays de la sous-région (+ 32% au Nigeria, 20% au Sénégal). Un rapport de la GSM Association paru en Novembre 2013 a montré que les mobiles sont devenus les principaux moyens d’accès à Internet en Afrique en raison du très faible taux de pénétration de la téléphonie fixe qui sert de support à l’internet filaire. Au Burkina Faso, quatre opérateurs proposent des solutions d’internet mobile. Cependant le haut débit mobile (les technologies de troisième génération en l’occurrence) ne couvre presque pas les zones rurales et la qualité est encore très faible dans les zones couvertes (aussi bien urbaines que rurales).

La conjugaison des opportunités offertes par le mobile et l’Internet offre plusieurs exemples d‘expériences à succès pour le désenclavement des zones rurales, et la dynamisation des échanges entre zones rurales et centres urbains.

 

Dynamiser l’écosystème économique et social local

Il y a plusieurs domaines dans lesquels Internet peut servir de levier de développement. Parmi ces domaines, nous pouvons faire mention entre autres des transactions financières et du commerce, de l’éducation, et de la participation citoyenne à la gouvernance locale.

Transactions financières riment encore souvent avec déplacements physiques pour beaucoup de personnes vivant en zone rurale. Il est fréquent de rencontrer des personnes vivant en zone rurale qui effectuent de longues distances vers les centres urbains pour des opérations bancaires, pour des réceptions de paiement, essentiellement en raison d’absence d’établissement financiers à proximité. Dans le cas des productions agricoles par exemple, cet état de fait a un impact négatif sur l’efficacité et sur la fluidité des échanges entre producteurs et acheteurs. La monnaie mobile apporte des alternatives à ces solutions. Etendre l’accès à Internet aux zones rurales crée un écosystème permettant de développer de nouvelles opportunités économiques. Au Sénégal, Mlouma est un exemple  parlant. Il s’agit d’une plateforme de commerce en ligne connectant producteurs agricoles et acheteurs. Son succès est fortement lié à l’internet et au mobile dans les zones rurales où les producteurs agricoles opèrent. L’accès à Internet peut être un levier de développement économique et social dans les zones rurales.

 

Au niveau de l’éducation et de la formation, l’accès difficile aux ressources éducatives et le sous-équipement des établissements éducatifs en milieu rural  ou difficile d’accès creuse un fossé au niveau de la qualité de la formation par rapport aux établissements en zone urbaine. Rendre disponible en ligne les ressources à destination des élèves et des enseignants et faciliter leur accès dans les zones rurales est un moyen efficace et économique de pallier ce problème. Le deuxième volume du Rapport d’InfoDev sur les TIC et l’éducation en Afrique identifie l’accès restreint aux TIC comme un facteur contraignant pour le système éducatif au Burkina Faso.

 

Un autre domaine où la démocratisation de l’accès à Internet peut avoir un effet bénéfique est la participation des citoyens aux décisions publiques et à la gouvernance locale. Le développement économique local implique une forte synergie entre décideurs politiques et citoyens dans la définition, l’exécution, et le suivi des politiques et actions publiques. Malheureusement, peu de mécanismes existent pour canaliser le flux d’information aussi bien des gouvernants vers les populations et communautés que dans le sens inverse, même au niveau local. Internet offre des opportunités pour créer des plateformes d’échange entre citoyens et gouvernants. Par exemple, au Kenya, Mzalendo est un portail en ligne lancée en 2005 permettant aux citoyens de suivre les activités parlementaires. Depuis, l’initiative a évolué pour devenir une plateforme démocratique qui engage et outille aussi bien les citoyens que les  hommes politiques, développant un sentiment de participation à la chose publique auprès des citoyens, et poussant les politiques à la redevabilité.

 

Quelles actions entreprendre

S’il est vrai que l’Office National des Télécommunications a engagé un processus de déploiement de la technologie CDMA dans quelques localités rurales, la couverture des réseaux de troisième génération (3G) offrant un débit se limite encore aux deux grandes villes du pays (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso). Au-delà des actions indispensables à entreprendre pour étendre la couverture aux zones rurales à forte activité économique, il faut prendre en compte le fait que démocratiser l’accès à Internet prend en compte d’autres problématiques, notamment l’énergie, et l’accessibilité des terminaux. Ces problématiques peuvent être en partie  résolues avec les terminaux mobiles ou les ordinateurs à faible consommation pouvant être alimentés soit avec l’énergie solaire, soit avec des générateurs à faible puissance.

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