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Investir dans l’éducation sert-il aux jeunes d’Afrique ?

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Un rapport de l’OIT analysant les résultats d’enquêtes menées dans huit pays d’Afrique subsaharienne montre que si les taux de chômage augmentent avec le niveau d’éducation, ce sont les jeunes gens les moins instruits qui sont désavantagés en termes de salaire et d’accès à un emploi stable.

Les moins éduqués ont plus tendance à être des travailleurs indépendants ou à accepter des salaires inférieurs. Dans tous les pays étudiés sauf un – le Malawi – plus le niveau d’éducation d’un jeune est faible, moins ce jeune est susceptible d’être au chômage.

Parmi les diplômés de l’université, le chômage est un problème grandissant, parce que l’offre de main-d’œuvre qualifiée excède les capacités de l’économie moderne à créer les emplois qualifiés dont ils ont besoin. De plus en plus les entreprises attendent de leurs nouvelles recrues de hauts niveaux de qualification mais sont toujours réticentes à embaucher de jeunes diplômés, invoquant leur manque d’expertise technique et d’expérience professionnelle.

Ce qui ne signifie pas pour autant que les jeunes devraient quitter l’université. «Même si le chômage est plus élevé parmi les mieux éduqués, les résultats montrent clairement qu’investir dans l’éducation entraîne des effets positifs pour les jeunes en termes de salaires et d’accès à de ‘meilleurs’ emplois», selon le rapport intitulé «Transition vers le marché du travail des jeunes femmes et hommes en Afrique subsaharienne».

En Afrique subsaharienne, pour des millions de jeunes, même les plus éduqués, un emploi stable et bien rémunéré est un rêve inaccessible. L’informalité et l’emploi vulnérable demeurent une réalité pour l’immense majorité des jeunes travailleurs dans la région, indique le rapport.

«L’absence de perspectives d’emploi sûr, associée à une meilleure éducation, l’accès aux technologies modernes et l’exposition aux avantages supposés des économies développées, créent un risque de frustration au sein de la jeunesse», ajoute le rapport. «Ce qui, par ricochet, peut aboutir à des troubles politiques et des expatriations.»

En moyenne, plus de 50 pour cent des jeunes des huit pays travaillent, mais la qualité de l’emploi est souvent médiocre, les jeunes ont donc du mal à tirer le meilleur parti de leur potentiel économique.

Une informalité généralisée

L’emploi informel est devenu la norme pour les jeunes des huit pays.

Sept jeunes travailleurs sur dix travaillent à leur propre compte, et même parmi les travailleurs salariés – la catégorie qui se montre habituellement la moins vulnérable – peu de travailleurs sont couverts par un contrat écrit, près de la moitié des contrats de travail sont temporaires, et moins d’un cinquième des jeunes employés bénéficient de droits supplémentaires tels que des congés maladie ou des congés payés annuels.

Le rapport précise également que plus de la moitié des jeunes travailleurs sont sous-qualifiés pour le travail qu’ils effectuent.

Les enquêtes sur la transition vers la vie active (ETVA) ont été conduites au Bénin, au Libéria, à Madagascar, au Malawi, en Ouganda, en République-Unie de Tanzanie, au Togo et en Zambie parmi des hommes et de femmes âgés de 15 à 29 ans. En tout, des enquêtes ETVA ont été menées dans 28 pays avec les bureaux nationaux de statistiques dans le cadre du partenariat Work4youth avec la Fondation MasterCard.

Les données issues des enquêtes montrent que la région a besoin d’une stratégie pour améliorer ses résultats sur le marché du travail, en particulier pour les jeunes, constate le rapport. Il faudrait accorder davantage d’attention aux domaines d’action suivants:

  • Elaborer une politique macroéconomique qui promeuve la croissance de l’emploi, surtout dans le secteur de l’agriculture.
  • Garantir l’accès à l’éducation pour tous et prévenir les départs précoces de l’école.
  • Améliorer les conditions de travail en garantissant une égalité de traitement et de droits pour les jeunes travailleurs.
  • Encourager les employeurs à prendre une part active dans la création d’emplois décents pour les jeunes.
  • Renforcer le rôle des institutions qui traitent des questions d’emploi et de chômage, et améliorer la collecte et la diffusion des informations relatives au marché du travail.
  • Renforcer les mécanismes de soutien aux entreprises informelles.
  • Promouvoir la coopération bipartite et tripartite en matière d’emploi des jeunes pour produire de meilleurs résultats.

Organisation internationale du Travail (OIT)

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