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Master professionnel en géologie, mines et pétrole: Entretient avec le Dr Armand Kagou Dongmo

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Dr. Armand Kagou, coordonnateur du Master Professionnel de  Géologie appliquée, Mine et Pétrole

Dr. Armand Kagou, coordonnateur du Master Professionnel de Géologie appliquée, Mine et Pétrole.

« Former des managers compétents dans le domaine de la mine et de la géotechnique »

Le Master professionnel en Géologie appliquée, mines et pétrole, du département des sciences de la terre, à la Faculté des Sciences de l'Université de Dschang, est à la recherche de soixante étudiants pour l'année universitaire 2014 – 2015. Les apprenants de la première promotion soutiendront leurs travaux de fin d'études en décembre 2014. Le coordonnateur de cette formation revient ici sur les objectifs et les enjeux du parcours, tout en faisant le bilan des deux années d'âge de ce Master.

Comment est né le Master professionnel en Géologie appliquée, mines et pétrole et quels en sont les objectifs ?

Nous avons mis sur pied ce master pour résoudre un problème que les entreprises exerçant dans le secteur minier ont sur le terrain. Elles ont besoin des géologues. Mais ceux qu'ils trouvaient jusque là, n'avaient pas la qualification suffisante, parce que le niveau de leur formation n'intègre pas un certain nombre d'aspects. L'idée de ce master est donc partie de ce besoin. Nous avons échangé avec les responsables desdites entreprises, lesquels nous ont aidés à monter le profil recherché.

Une fois le parcours adéquat trouvé, nous l'avons subdivisé en deux options : Géologie appliquée d'un côté, Mines et Pétrole de l'autre. En géologie appliquée, on fait beaucoup plus de Géotechnique et d'hydrogéologie, à côté d'autres aspects qui vont aider dans le bâtiment et le génie civil. L'option Mine et Pétrole va aider dans le secteur de l'exploration minière, parce que les entreprises installées au Cameroun sont plus axées dans ce domaine. Il s'agit précisément de l'exploration des gisements des mines dures et du pétrole. Pour cela, on a des cours de géophysique, de pétrochimie et de pétro-physique. Bien entendu, on a des cours de montage de projets, communication et entrepreneuriat destinés à faire de l'étudiant, un manager. En définitive, nous avons pour objectif de former des managers dans le domaine de la mine et de la géotechnique.

Lorsqu' on regarde les étudiants de la première promotion en fin de formation, on se rend compte qu'ils seront les premiers à répondre aux attentes des entreprises, parce qu'ils ont eu le bagage nécessaire pour affronter la réalité. Certains sont presque déjà recrutés dans les sociétés qui les ont accueillis pour leurs stages académiques. C'est simplement parce qu'ils ont montré qu'ils avaient des connaissances et du talent.

De manière spécifique, que vous disent ces entreprises dans lesquelles les étudiants en fin de formation viennent d'effectuer trois mois de stage ?

J'ai une chemise dans laquelle je reçois les enveloppes des réactions d'entreprises. Chaque encadreur de stage me fait un rapport de son étudiant avec d'éventuels points sur lesquels l'apprenant doit s'améliorer. L'étudiant n'est pas au courant. Son comportement, tant professionnel que moral, est noté sur la fiche contenue dans cette enveloppe. Globalement, le feed-back est positif. Mais il y a encore un problème de maîtrise du langage du métier. Disons que cela se comprend. Car, en deux ans de formation, on ne peut pas totalement maîtriser tout du métier. Ils vont s'imprégner progressivement sur le terrain.

Ầ la fin de la formation, ils soutiennent un mémoire professionnel de fin de formation. Cela leur permet de s'améliorer. Car, leur thème de recherche porte sur la résolution d'un problème que rencontre l'entreprise dans laquelle ils ont effectué leur stage. Pendant ces mois de stage, ils doivent donc réussir à proposer une solution à l'entreprise. L'encadreur du stage sera membre du jury de soutenance. Une copie finale du travail sera déposée dans sa structure.

Vos produits auront-ils de réelles capacités entrepreneuriales ?

Oui. Je n'ai aucun doute là-dessus. Je leur ai même demandé de s'organiser en groupe de trois, quatre, cinq, dix… pour monter des cabinets spécialisés dans les études et l'exploration minière. C'est la raison pour laquelle dans la formation, on a prévu des cours d'économie, de fiscalité, de marketing, de finance, etc. L'objectif est qu'ils aient les préalables qui leur permettront de monter et de gérer leurs entreprises.

Avez-vous suffisamment d'enseignants pour ce Master ?

En plus des collègues de la Faculté des Sciences de l'université de Dschang, nous avons des professionnels qui viennent des entreprises. Pour la dernière catégorie, ces personnes ont manifesté un certain engouement à venir nous appuyer. Car, elles ont participé à la conception du projet. Ce sont encore elles qui reçoivent les étudiants en stage. Aux apprenants en fin de formation, nous avons affecté un encadreur académique et un encadreur professionnel. Le premier va essayer de faire en sorte que le mémoire respecte les canons de la présentation des travaux scientifiques à l'université. Le second va se pencher sur des préoccupations purement professionnelles.

Avez-vous les laboratoires et équipements nécessaires pour conduire la formation ?

Le programme s'appuie beaucoup plus sur les équipements du département de Sciences de la terre, puisqu'il en fait partie. Nous avons également un des encadreurs professionnels qui a pris sur lui de concevoir une machine qu'il a mise à la disposition du programme. Elle permet de faire un certain nombre de manipulations.

Quelles sont les conditions générales à remplir pour postuler ?

Il faut avoir une Licence dans un des domaines suivants : sciences de la terre, mathématiques, physique, chimie. Nous prenons également les titulaires des licences professionnelles dans un des domaines de formation en mines.

Quel est le coût de la formation ?

Les frais de scolarité s'élèvent à 500 000 Fcfa. Quand on regarde tout ce qui est fait, on comprend que c'est un montant symbolique. Je profite de l'occasion que vous m'offrez pour remercier tous les professionnels de ce secteur qui viennent de plusieurs entreprises pour renforcer la formation et l'encadrement des étudiants. Ils viennent de Schlumberger, Reservoir Mineral, Caminex et autres. Je tiens à leur témoigner notre gratitude, parce que c'est grâce à eux que ce programme marche convenablement, qu'il est devenu davantage crédible. Je pense que la hiérarchie aura le temps et les mots plus justes pour leur adresser des remerciements institutionnels.

Avez-vous une façon particulière d'encadrer les filles qui viennent dans cette formation ?

Je tiens à rappeler que nous avons 4 filles en Géologie appliquée et 8 en Mines et pétrole. Au début de la formation, on leur dit qu'il n'y a aucune différence à faire entre les garçons et les filles. C'est vrai que certaines entreprises ont présenté cela comme des difficultés, parce que pendant le stage, on les loge dans un camp dans lequel on ne fait aucune distinction entre les sexes. Ces structures nous ont dit qu'il faut un minimum de sécurité, avant que les filles soient acceptées. Car, on peut avoir des violences ou des dérapages. Les entreprises de ce secteur prennent des précautions avant de prendre des filles. Mais en général, aujourd'hui, les gens mettent beaucoup d'argent dans les mines. Tout ce qu'ils en attendent, ce sont les résultats, que ce soit avec les filles ou les garçons.

Concernant le degré de performance, elles ont même de meilleures performances que les garçons. Mais elles n'ont pas à faire des travaux nécessitant la force. Dans l'entreprise, il y'a les techniciens et les manœuvres qui sont chargés d'utiliser la force, de casser. L'étudiant que nous formons, c'est d'abord un cadre.

Que diriez-vous à des parents pour les convaincre d'inscrire leurs enfants à ce programme de Master en géologie appliquée, mines et pétrole?

Il ne faut pas hésiter. Il faut les inscrire à ce master parce que jusqu'à présent, les partenaires que sont les entreprises nous font confiance. Il a l'avantage de ne pas avoir été conçu seulement pour les géologues. Plusieurs spécialités ont leur place dans la mine. Par exemple, le physicien, on le positionne par rapport à la géophysique. Le mathématicien intervient dans la modélisation. Le chimiste quant à lui fait dans l'extraction des minéraux et l'analyse en laboratoire. Nous avons offert une opportunité aux parents. Ils doivent donner à leurs enfants la chance de leur vie. Au Cameroun aujourd'hui, on a plus de 160 permis d'exploitation minière. Cela veut dire que le champ d'emploi est vaste. Lorsque ces entreprises signent leurs contrats avec l'Etat Camerounais, on leur demande de recruter 5% de cadres camerounais. Avant, il n'y en avait presque pas. Maintenant, à travers cette formation et celles créées au sein d'autres universités, les Camerounais peuvent s'investir dans le domaine des mines et du pétrole et permettre que l'émergence du pays puisse être une réalité à l'horizon 2035./

Entretien mené par HA/ UT. Dschang – UDs/SIC – 04/11/2014.

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