Tuberculose: 26110 cas enregistrés au Cameroun en 2013 - Actualité
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Tuberculose: 26110 cas enregistrés au Cameroun en 2013

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Mais selon Dr Antoine Etoundi Evouna, chef section du suivi évaluation au Programme national de lutte contre la tuberculose, une bonne alimentation peut vous épargner de ce pathogène. Tous exposés au bacille de Koch, 10 Camerounais sur 100 vont développer la maladie. 

En 2013, selon les statistiques du Programme national de lutte contre la tuberculose, 26 110 nouveaux cas –toutes formes confondues- de tuberculose ont été enregistrés au Cameroun. Contre 25 360 en 2012. Soit une augmentation de 750 que l’on explique ainsi au Pnlt : « Il y a eu une évolution du nombre de cas dépistés probablement dû à l’extension de notre réseau de centres de dépistage et de traitement de la tuberculose », justifie Dr Antoine Etoundi Evouna, chef section du suivi évaluation au Pnlt. D’après ce dernier, le Cameroun compte actuellement 238 centres de traitement, disséminés à travers le territoire national. Les efforts mis dans la sensibilisation pourraient aussi à son avis expliquer cet accroissement du nombre de nouveaux cas. 

Des efforts également enregistrés au niveau mondial. Mais qui, semble-t-il, ne suffisent pas car, d’après l’Organisation mondiale de la santé (Oms), sur les neuf millions de personnes qui, chaque année, attrapent la tuberculose, un tiers n'a pas accès aux systèmes de santé. Une bonne partie de ces trois millions de personnes, relève cette organisation des Nations unies, vivent dans les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables du monde, ou appartiennent aux populations marginalisées comme les travailleurs migrants, les réfugiés, les personnes déplacées, les prisonniers, les populations autochtones, les minorités ethniques ou les consommateurs de drogues. Ce qui explique le choix du thème de la journée mondiale (24 mars) consacrée à cette affection à savoir : « Atteindre les trois millions ». 


Maladie de la promiscuité 

Toujours d’après l’Oms, les progrès pour atteindre les cibles mondiales de baisse du nombre des cas et des décès ont été impressionnants ces dernières années. Depuis 1990, la mortalité par tuberculose a diminué de 45% dans le monde et l’incidence recule. Grâce notamment à de nouveaux outils, comme des moyens de diagnostic rapide qui aident à transformer la riposte à la maladie et l’introduction de nouveaux médicaments qui sauvent des vies. Mais le fardeau mondial reste énorme et des défis importants doivent encore être relevés. On estime qu’en 2012, il y a eu 8,6 millions de nouveaux cas et 1,3 million de personnes sont mortes de la tuberculose. Plus de 95% des décès dus à la tuberculose surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les communautés pauvres et les groupes vulnérables sont les plus touchés, mais une maladie qui se transmet par voie aérienne représente un risque pour tous. En outre, la tuberculose figure parmi les trois premières causes de mortalité chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. Le Cameroun déplore 952 décès causés par cette maladie en 2013. 

Les spécialistes présentent la tuberculose comme une affection infectieuse transmissible et non immunisante, avec des signes cliniques variables. Pour Dr Antoine Etoundi, c’est aussi une maladie de la promiscuité provoquée par « une mycobactérie qu’on appelle le bacille de koch qui circule dans l’air. Il suffit qu’elle rencontre un organisme affaibli et la personne va développer une tuberculose ». Le médecin ajoute : « Il faut savoir que chacun de nous a été en contact avec ce pathogène mais c’est seulement 10% qui auront à faire cette maladie ».Ceci grâce ou à cause de l’immunité mais également à cause des conditions de vie renseigne-t-il. Toutefois : « une bonne alimentation peut vous épargner de ce pathogène ». Le tabagisme est aussi un facteur aggravant de la maladie dans la mesure où au niveau pulmonaire le tabac affaibli les fonctions immunitaires. En cas de toux de plus de semaines accompagnée de fièvre et d’un amaigrissement, il vaut mieux se référer à l’hôpital car ce sont là des signes évocateurs de la tuberculose d’après Dr Etoundi qui souligne que : « Le traitement est gratuit et la maladie guérissable. Il suffit de prendre son traitement du début à la fin ». Les enfants peuvent développer et souffrir aussi de tuberculose surtout quand ils vivent dans un environnement où un parent ou un voisin est atteint. 


Focal: La multi résistance en question 

De toutes les formes de tuberculose enregistrées au Cameroun, la tuberculose à microscopie positif (Tpm+) semble la plus répandue avec plus de 15 000 cas dénombrés en 2013 contre près de 5600 cas de tuberculose à microscopie négatif (Tpm-). Toutes classées dans le registre de tuberculose pulmonaire. Dans sa forme dite « extra-pulmonaire », on recense plus de 3800 cas de tuberculose en 2013. Selon l’Oms, on estime qu’en 2012, il y a eu 500 000 cas et 74 000 décès chez les enfants dans le monde. Si la tuberculose est une maladie curable, il n’en demeure pas moins que si le traitement est mal pris, il peut aboutir à la résistance. Et ceci pose des problèmes importants car la tuberculose est beaucoup plus délicate à soigner, surtout en cas de résistance à plusieurs antituberculeux (multi résistance). Pour l’Oms, les progrès sont lents contre la tuberculose multi résistante (tuberculose-MR). Le diagnostic n’est pas posé dans trois cas sur quatre de tuberculose-MR et environ 16 000 de ces cas notifiés à l’OMS en 2012 n’ont pas été mis sous traitement. D’après Dr Etoundi, le malade tuberculeux multi résistant peut ou non présenter le signe clinique qu’est la toux. Seul un examen permet de confirmer son cas quand « à la fin de son traitement il reste positif ». Parfois même après un second tour de traitement antituberculeux. Au Cameroun, on en a diagnostiqué 76 cas qui sont actuellement sous traitement, affirme le médecin. 

© Nadège Christelle BOWA | Le Messager

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