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Dschang: Le recteur annule une épreuve sur Boko Haram

News Sur les Campus  Dschang, Ouest, Cameroun
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Un sujet de rhétorique et stylistique du département des Lettres étrangères appliquées, tournant en dérision les Lions et Boko Haram, a été annulé.

Mercredi dernier (04 juillet 2014, ndlr), un de nos Observateurs à Dschang, au Cameroun, nous a fait parvenir la photo d'un sujet d'examen de "Rhétorique et stylistique" donné à des étudiants du département Lettres étrangères appliquées. Le sujet reprenait un SMS qui a circulé à Yaoundé juste après la défaite des Lions indomptables à la Coupe du monde de football.

Ce texto fait une référence humoristique à la piètre prestation de l'équipe du Cameroun et suggère qu'ils"atterrissent au nord du pays pour que Boko Haram s'occupe d'eux". Des sms avaient en effet circulé dans la nuit de l'élimination de l'équipe du Cameroun. Sachant que Boko Haram, une organisation terroriste qui sème la terreur au Nigéria mais aussi dans le nord du Cameroun, est un sujet extrêmement sensible dans le pays, cet énoncé d'examen semble surprenant.


© France 24
Photo d'un sujet d'examen donné à des étudiants en Lettres étrangères appliquées de l'université de Dschang.Croyant à un faux examen, nous avons donc contacté le rectorat de Dschang qui a d'abord affirmé qu'il était "impossible" qu'un tel sujet ait été donné. Mais dès le lendemain, une lettre signée du chef du service de l'Information et des conférences, Alexandre Djimeli, a confirmé que le sujet a bien été donné aux étudiants. Voici un extrait de la lettre de deux pages qui nous a été envoyée :

Le courrier nous informe que l'examen a été annulé à cause de la "sensibilité de la problématique Boko Haram". Une enquête a également été ouverte pour déterminer les raisons du choix du sujet.

Le professeur qui a donné le sujet explique sa démarche
Contacté par FRANCE 24, le professeur auteur du sujet, Jean Jacques explique le choix de cet énoncé :

"Dans le contexte des enseignements en stylistique française, j'ai voulu attirer l'attention des étudiants sur toutes les formes de discours. On peut s'intéresser aux discours littéraires classiques, mais aussi à celui des médias, et même ceux diffusés dans des SMS, car le champ de la stylistique s'est considérablement élargi.

Ce texto comporte des éléments formels susceptibles d'alimenter une réflexion. Dans mon cours aux élèves de niveau 1, il y a des leçons sur les indications graphiques qui peuvent cacher un sens. Par exemple, vous remarquerez que le mot "colère" est écrit en majuscule dans ce texto. La régularité des mots, en minuscule jusque là, est rompue par ce mot en majuscule. C'était ça que j'attendais de mes élèves : faire référence au cours pour analyser ce texto.

Il y a malheureusement des contours qu'on ne peut pas totalement maitriser lorsqu'on donne un sujet. Mais ici, l'intention de donner ce sujet pour l'examen était purement pédagogique, sans aucune arrière-pensée malveillante ou politique. Pour être honnête, je n'avais même pas relevé la référence à Boko Haram car ce n'était pas pour moi l'intérêt de ce texte. Je regrette que cela ait suscité ce problème et que les élèves doivent revenir pour composer une seconde fois."

observers.France24.com

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