Pratiques de sorcellerie: Des enfants aussi !

News Faits Divers  
Partager sur Facebook   Google+   Twitter   Envoyer à un ami

Le phénomène prend une ampleur d'autant plus inquiétante qu'il est difficile de voir le mal venir. 

Rien à voir avec Harry Potter, étudiant à Poudlar, personnage créé par l'écrivaine britannique JK Rowling. Les enfants sorciers qui défraient régulièrement la chronique dans nos villes et villages, ne sont pas des gentils. Ils sont les premiers à le dire et les confessions entendues çà et là démontrent bien qu'ils ne sont pas des enfants de chœur. Mais on a envie de s'arrêter un moment devant tout cela, et se demander si on ne plonge pas trop facilement dans le fantasme, dans les élucubrations psychotiques de gamins à l'imagination débordante. «J'ai mangé la tête de ma mère dans la sorcellerie», «La nuit, la boîte de sardines devient notre avion»! C'est quoi ce délire? Pourrait se demander l'esprit cartésien. 

Sauf que, avec la récurrence des faits, il devient difficile de classer le sujet dans le registre de la superstition. Et puis, si nous admettons la réalité de la sorcellerie — la loi camerounaise en condamne la pratique, pourquoi penser qu'elle est l'apanage des adultes? En outre, il y a ces témoignages, d'acteurs et/ou de victimes, qui donnent froid dans le dos. 

Ce maître d'école primaire était plutôt chanceux: les quelques sorciers qu'il avait dans sa classe se contentaient de l'endormir aux heures de cours. D'autres ont subi des terreurs nocturnes, souffert de maladies, ou pire, toujours infligées par des gamins qui reconnaissent les faits un jour... ou finissent par être percés à jour. Selon des sources, on trouve même des mineurs de moins de cinq ans dans la curie. Leurs victimes n'hésitent plus à ester en justice. Ainsi Abena T., 12 ans, a été condamné à cinq ans de réclusion à la prison centrale de Bertoua en novembre 2013. Huit enfants du quartier Bamvelé purgent également leur peine à la maison d'arrêt de la même ville, depuis mai 2012, pour des raisons similaires. Et depuis janvier 2014, d'autres cas défrayant la chronique sont pendants en justice à Mindourou, région de l'Est, et à Ebolowa au Sud. 

Une question vient à l'esprit: comment deviennent-ils sorciers, ces enfants? L'affaire se transmettrait, selon des informations obtenues par CT. Un peu comme une vilaine maladie. «Par un plat de nourriture, une boisson, une friandise ou même une poignée de main», indique un exorciste. Difficile à vérifier, mais la suite cadre avec des aveux de sorciers «juniors» sus-évoqués; «Leur principal acte est la nuisance. Ils œuvrent à détruire la famille, l'entourage, etc. Dans certains cas, le sort jeté est que tel parent tombe toujours malade dès qu'il a un peu d'argent. Afin qu'il dépense tout. Et jamais rien pour que votre champ produise plus!

Annonces contextuelles