Pratiques de sorcellerie: Des enfants prennent les commandes

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Les cadres de ces pratiques sont généralement des mineurs de moins de 10 ans. 

La psychose s'est emparée de nos villes et nos villages. Car des chroniques des plus tonitruantes sont défrayées au quotidien par des enfants -très souvent des mineurs- sur leur contribution dans la pratique de sorcellerie. «J'ai mangé la tête de ma mère dans la sorcellerie», «Ma grand-mère qui est déjà morte est ma femme», «dans la nuit je deviens un grand homme et je pilote l'avion qui nous emmène souvent». Même les esprits les plus sceptiques essuient une goutte de sueur froide à entendre ces déclarations. Pourtant le fait est clair, ces enfants ne sont pas des enfants de chœur, puisqu'ils vous le disent preuve à l'appui. Dernièrement c'est un petit village aux encablures de Yaoundé qui a attiré l'attention de tous les regards. En effet deux jeunots, las de voir leur maman survivre aux nombreux guets-apens mystiques tendus par eux pour lui ôter la vie, se sont finalement résolus à lui trancher la gorge à l'aide d'un coupe-coupe en pleine journée. 

A Mfou, c'est un autre garçon qui a été retrouvé sur la toiture d'une maison. Rien à voir avec Harry Potter, ou encore les épopées de la sorcière Karaba du célèbre dessin animé Kirikou. La sorcellerie est de plus en plus le fait des enfants! Une situation qui met en mal la loi camerounaise qui réprime ces pratiques en son article 251, puisqu' «Est puni d'un emprisonnement de 2 à 10 ans et d'une amende de 5 à 100 000F, celui que se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination, susceptible de troubler l'ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d'autrui même sous forme de rétribution». Un dilemme quand ces sorciers sont âgés de moins de 10 ans et protégés par le code pénal en son article 80 qui supprime ou atténue la responsabilité pénale des ces derniers. 

A la question de savoir comment deviennent-ils sorciers, la réponse est sans équivoque: et d'après nos confrères de Cameroon Tribune, la transmission se fait «par un plat de nourriture, une boisson, une friandise ou même une poignée de main». Mais de l'avis de juriste, ils le sont très souvent malgré eux car la transmission ne dépend pas de la volonté de l'enfant.