Faut-il intervenir dans les choix d’orientation de nos enfants ?

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comment aider un adolescent à s'orienter ?

27 janvier 2016 P ar Solène Feliho

Il y a ceux qui depuis toujours ont une idée très précise de leur futur métier et donc du parcours scolaire qu'il va falloir emprunter pour l'atteindre, et puis il y a les autres… Ces autres représentent, il faut bien le dire, la majorité de nos enfants…et de nous, en fait..

Nos adolescents sont par définition très occupés à construire leur identité, leur posture sociale dans leurs rapports aux autres, et simplement à vivre cette nouvelle liberté dans un passage complexe entre l'enfance et le monde des adultes.

Très tôt dans leur scolarité (le premier choix d'orientation intervient à la fin du collège, quand certains n'ont même pas encore 15 ans), alors qu'ils sont dans « vivre l'instant présent », on leur demande de savoir à peu près quel métier ils voudront occuper pendant les 50 prochaines années de leur vie, sachant qu'avec la révolution numérique, les métiers des dix prochaines n'ont même pas encore été inventés…pas très cohérent.

Alors en tant que parents, comment pouvons-nous les accompagner au mieux afin qu'ils puissent sereinement se projeter dans leur avenir ? Comment être un guide, mais sans être intrusif de façon à ce que leurs choix soient bien les leurs, et pas les nôtres ?

Laissez vos ados s'exprimer

La base se trouve ici ! Il est très important que vous puissiez nouer un dialogue avec votre enfant afin d'échanger librement sur le sujet de l'orientation. Pour cela, vous ne devez pas être dans le jugement, mais plutôt dans l'écoute et dans le partage de vos expériences. Essayer d'accueillir toutes ses idées sans les juger, mais simplement en le questionnant pour comprendre et le faire réfléchir sur ses motivations, ses intérêts, et sans le polluer par vos propres peurs, a priori et expériences. Votre enfant, ça n'est pas vous. Voici quelques exemples pour ouvrir une discussion :

Comment est–ce que tu te vois plus tard ?

Si tu ne sais pas ce que tu veux vraiment, peut-tu me dire ce que tu es certain de ne veux pas vouloir pour ta vie professionnelle ?

Quelles sont les moments où tu t'amuses ?

Dans quels domaines tu te trouves bon ?

Quels sont les sujets qui te passionnent ?

De quoi aimes-tu parler avec tes amis ?

Serais-tu prêt à faire des études longues ?

Quel chemin prendre pour parvenir au métier auquel tu penses ?

L'idée c'est de les faire parler pour partager et échanger avec eux. Cela amorcera une réflexion, plantera une graine utile qui leur apportera sûrement quelques lumières.

Faites baisser la pression d'un cran

Le parcours scolaire est rarement linéaire, quand on regarde les statistiques d'échec ou d'abandon en première année de faculté, on réalise que beaucoup avancent à tâtons. La pression est telle depuis la fin des années-collège, qu'il est important de la désamorcer en expliquant par exemple que les choix ne sont pas définitifs et ne nous engagent plus pour le reste de notre carrière, comme c'était le cas pour la génération de papy et mamie.

Pour cela il est intéressant de leur expliquer qu'il existe des passerelles tout au long du système scolaire et universitaire. Elles nous permettent de nous réorienter, de changer de filière et c'est vraiment rassurant de savoir qu'il est possible de revenir sur ses choix. Dites-vous et dites leur que l'orientation ça se prépare, ça se construit et ça s'ajuste au fil du temps.

Et puis au moment où j'écris ces mots, comme je le disais plus haut, sachez qu'en 2020, 70% des métiers qu'exerceront les enfants actuellement en maternelle n'existent pas encore. Donc on ne dispose pas de toutes les cartes pour décider, quoiqu'il arrive.

Respectez leurs choix, même si…

On veut le meilleur pour ses enfants. Mais attention, ce que vous estimez être le meilleur pour vous ne l'est pas forcément pour lui, simplement car vous n'êtes pas la même personne. Vous aimeriez par exemple que votre enfant soit médecin comme vous parce que vous êtes passionné et que vous avez un niveau de vie confortable que vous lui souhaitez. Sauf que si ce n'est au fond de lui pas sa vocation, il va vivre tout ça pour vous… Des études longues, des sacrifices pendant dix années pour finalement se sentir frustré dans sa pratique, ou même après quelques années d'études.

Votre enfant ne doit jamais réaliser vos rêves à vous, il ne doit jamais faire un choix « pour vous faire plaisir » ou pour vous rendre fier.

Mettez-les en action !

Quel est le meilleur moyen de savoir si un métier nous intéresse ? Et bien c'est de passer à l'action en allant sur le terrain.

Tout d'abord il y a la découverte du monde du travail avec ses horaires, le fonctionnement d'une entreprise, la hiérarchie… Pour mieux comprendre, rien de mieux qu'une immersion de quelques jours. Il y a bien le stage de 3ème, mais l'expérience devrait pouvoir se renouveler plus tard. Il y a les jobs d'été aussi qui sont un bon moyen de goûter à la vie active.

Une fois qu'une branche est identifiée, il faut accompagner votre ado à rechercher lui-même un maximum d'informations sur les métiers qui existent, les études et le contenu de celles-ci et pour cela, il y a le site de l'ONISEP et les centres d'informations et d'orientation (qui vous renvoient sur le site de l'ONISEP, d'ailleurs. Enfin, il y a encore une fois l'immersion pendant quelques jours aux côtés de professionnels et pour cela, vous pouvez vous servir de votre réseau pour les aider.

Toute cette étape d'investigation est essentielle (déjà parce qu'elle favorise l'autonomie de votre ado et sa confiance en soi) et son importance est souvent ignorée, ce qui amène à des déceptions et à des abandons car il y a un écart trop grand entre l'idée que l'on se fait d'un métier, et la réalité du terrain.

Réflexion et maturation du projet

Evidemment on souhaite à ses enfants qu'ils soient autonomes financièrement le plus tôt possible et donc qu'ils enchaînent leurs études sans transition. Dans la vraie vie, on se rend compte que parfois les choses mettent plus de temps à se construire. Si on se lance sans véritable envie, on risque de se mettre en échec et celui-ci est souvent mal vécu. Alors il ne faut pas hésiter à les soutenir dans leur désir de se donner une année de réflexion et de maturation de leur projet, et en profiter pour cumuler les expériences (travailler dans la restauration, effectuer une année au pair, avoir une activité associative…)

Mais attention, pour que celle-ci soit constructive, il faut avoir un plan, et qu'elle s'inscrive dans un vrai projet. Celui-ci doit être pensé et défini à l'avance, il peut être humanitaire ou alors être celui de travailler dans un domaine qui LES intéresse. Il est aussi possible de partir à l'étranger pour se confronter à une autre culture et apprendre une langue qui est sera un véritable atout pour son avenir. Bref, ces expériences sont bénéfiques et il vaut mieux « perdre » un an académique dans son parcours universitaire pour les vivre, que de se retrouver en échec.

Le coach de carrière peut accompagner le jeune adulte dans l'acquisition de l'autonomie sur ses choix d'orientation. Cependant, la volonté de se faire accompagner par un tiers doit lui appartenir. Je précise cela car souvent ce sont les parents inquiets et angoissés pour l'avenir de leurs enfants qui nous contactent pour faire coacher leur ado. Mais l'ado ne nous rappelle jamais, tout simplement parce que lui, s'inquiète beaucoup moins.

Source : http://www.coachingdecarriere.com/faut-il-intervenir-dans-les-choix-dorientation-de-nos-enfants/