Un journaliste suisse espionne pendant 24 h le chef des renseignements

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Un journaliste de l'hebdomadaire de gauche suisse WochenZeitung (WOZ) a, "pour inverser les rôles", espionné pendant 24 heures le chef des renseignements suisses Markus Seiler, et publié le résultat de sa surveillance, dans une édition spéciale de son journal, parue jeudi.

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"Nous avons proposé avant la mise en vente de 20.000 exemplaires de cette édition spéciale à Markus Seiler de nous l'acheter en bloc", a déclaré Stefan Howald, chef-adjoint de la rédaction du magazine.

Le journal avait posé une heure limite pour l'achat de ses exemplaires, représentant un montant total de 120.000 CHF (100.000 euros). Comme Markus Seiler n'a pas donné suite à cet ultimatum, le journal a été mis en vente et la rédaction a même mis en ligne un site internet spécial, appelé www.markusseiler.ch, où il dévoile quelques éléments de la vie privée du haut fonctionnaire.

Scandale étouffé
Interrogé sur cette nouvelle façon de faire du journalisme, Stefan Howald a répondu que son magazine voulait "montrer ce que cela faisait quand on était espionné, et inverser les rôles". Selon lui, les services secrets suisses travaillent "en dehors de tout contrôle", et ont "étouffé un scandale intervenu en 2012, avec la découverte de milliers de données volées par un employé".

Le journal a pu découvrir avec "des moyens très simples" une foule d'informations sur la vie de Markus Seiler, et se demande combien d'informations détiennent les services secrets suisses, qui peuvent utiliser des moyens beaucoup plus sophistiqués, et "sans aucun contrôle". Dans son article, le journaliste raconte comment il a recueilli des informations sur Markus Seiler, en parlant avec ses voisins, ou avec son ancienne institutrice.

Le journal donne aussi son salaire annuel, et des indications sur son patrimoine. Interrogé à propos de cette "édition spéciale", le service suisse de renseignements a répondu qu'il ne "prenait pas position".