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Cameroun – formation militaire: comment les élèves de l’EMIA sont morts

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Un communiqué du Mindef publié samedi dernier a annoncé les décès d’Aristide Beti Abada et de son camarade Hamasseyo Abba Sadou.

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Le communiqué d’Edgard Alain Mebe Ngo’o lu sur les ondes de la Crtv le 23 novembre 2013 à 13h est venu confirmer ce qui apparaissait encore comme une rumeur en début de semaine dernière. Aristide Beti Abada et Hamasseyo Abba Sadou sont décédés le 19 novembre dernier. Les deux hommes de 22 ans étaient des élèves en cours de formation pour devenir des officiers de l’armée camerounaise. Ils effectuaient leur stage d’imprégnation au camp du bataillon des troupes aéroportées à Koutaba.

Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense dit dans son communiqué que le premier est mort de suite de maladie et que le second a succombé à un malaise lors d’un exercice sportif. Ils ont débuté leur formation le 4 novembre dernier, 15 jours avant leur mort. Aristide Beti et Hamasseyo Abba avaient pourtant passé les tests d’entrée à l’Emia. Outre les épreuves écrites, la condition physique des candidats élèves officiers est soumise à une rude épreuve. Ceux-ci doivent passer une première visite médicale préliminaire. Des médecins militaires triés sur le volet procèdent à la toise qui consiste à choisir des hommes de 1,69 m de haut, mesurer l’acuité visuelle des candidats, leur dentition, la droiture de leur colonne vertébrale ou s’assurer que la voûte plantaire est bien formée. Viennent ensuite des exercices physiques d’endurance et d’explosivité que seul un jeune homme bien portant peut passer.

C’est seulement après avoir été déclarés admis à cette phase de sélection que les candidats passent la visite médicale approfondie. Celle-ci consiste à un test du Vih, une formulation sanguine, la détermination du groupe sanguin …etc.

Bizutage
A en croire une source digne de foi, les deux élèves défunts avaient été jugés aptes au service. Avec leurs camarades, ils ont commencé leur année probatoire (année de transition entre la vie civile et militaire). L’enseignement se fait alors en deux modules : formation commune de base (Fcb) et  complément de formation commune.

Le but est de « prendre un homme et en faire un militaire », fait savoir une source militaire. Lors de la Fcb qui dure trois mois, les élèves sont gardés en éveil 22 h sur 24h. Les formateurs expliquent le bien-fondé de cet exercice par le fait que l’essentiel des opérations militaires se déroule dans la nuit.

Pour braver le sommeil, les élèves multiplient chants et exercices physiques, comme la marche forcée, les pompes, les flexions de jambes, les abdominaux, le grimpé de corde… Les encadreurs camerounais appellent la Fcb le « bizutage ». « Ce n’est pas proprement le bizutage qui est de la brimade mais une espèce de pédagogie militaire », rassure notre source. Les élèves apprennent à cette occasion à se vêtir à toute vitesse. On peut ainsi leur demander de chausser des rangers au pied droit », raconte notre source avant d’ajouter que ce n’est jamais gagné pour eux car, quelque  soit les résultats qu’ils obtiennent, on les harcèle pour qu’ils apprennent à obéir à des ordres même insensés».

On apprend aussi aux néo-officiers à manger rapidement. « On leur sert à manger, on leur laisse trois à cinq minutes et un encadreur entre et ordonne de se mettre au garde à vous. Ce qui signifie la fin du repas. Les plus malins commencent par le morceau de viande ». Des méthodes du même genre sont employées pour habituer les élèves à la prison, à la propreté ( corvées), à faire le lit, etc.

Epuisement
Un peu avant le terme des trois mois « de la période mouton », où ils apprennent à obéir comme des bêtes, une autre visite médicale est prévue. « On recherche des maladies latentes », renseigne notre source. Les deux élèves défunts auraient pu être recalés à cette ultime étape. Selon nos sources, Aristide Beti, fils aîné de Joseph Beti Assomo, gouverneur de la région du Littoral, montrait des signes d’un grand épuisement. De plus, des égratignures qu’il aurait eues lors des exercices au sol tardaient à se cicatriser.

Des sources proches d’Aristide Beti affirment que le défunt faisait un diabète. Ces sources croient même savoir qu’il était sur le point de démissionner. Il aurait vu la gendarmerie pour signer sa résilience. Lorsqu’il a eu son malaise, Aristide Beti a été évacué dans un hôpital à Yaoundé où malheusement il n’y a avait pas d’équipement pour le soigner efficacement. Aristide Beti est transféré par la suite dans une formation hospitalière à Douala où il est décédé. Son camarade, lui, est tombé lors d’un exercice sportif.

© Le Jour : Aziz Salatou

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