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Cinéma camerounais: Vers la réouverture des salles?

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Cinema

On ne le dira jamais assez. Le cinéma ne fit pas vivre son homme et les salles du 7è art sont quasiment inexistantes sur l’ensemble du territoire national. En effet, le cinéma national est mort et enterré depuis belle lurette. Finie la belle épopée des films de renom tels «Pousse-pousse», «Ta’a Zibi», «Le revenant», «Japhet et Jinette» etc. qui ont fait la fierté du cinéma camerounais d’antan. Ou encore des téléfilms à l’instar de «Silence on joue», «l’orphelin» et bien d’autres encore qui ont fait rêver plus d’un. Le constat est amer de nos jours: le cinéma national est mort et enterré avec ses salles qui faisaient jadis courir les foules que cela soit «Abbia» à Yaoundé, «te Wouri» à Douala, «ciné ration» à Edéa. Déjà, les camerounais dans la quasi majorité ne l’ignorent. «J’aime le cinéma mais faute de salles, je visionne mes séries à la maison», lance Évelyne Oman, étudiante en informatique à Yaoundé. Olomo Brice, ouvrier d’une entreprise de Travaux publics et nostalgique des films chinois pense également que «les salles de cinéma ont disparu à Yaoundé et Douala du fait de la cherté de la vie et de la piraterie. D’ailleurs, l’avènement des appareils vidéo bon marché (Vcd, Dvd) a sonné la fin du 7e art». Finit-il par regretter.

Pour pallier cette absence des salles de cinéma, Philémon Yang lors du conseil des ministres du 31 juillet dernier, a donné des instructions précises sur la question. Des recommandations ont été faites au Ministre des Arts et de la Culture (Minarc), Ama Tutu Muna pour la réhabilitation de deux salles de cinéma à Yaoundé, la construction et ou la réouverture des salles du 7ème art dans les chefs-lieux des régions, non sans oublier le renforcement de l’appui technique et financier aux réalisateurs. «Il fallait le faire car c’est vraiment ridicule de voir que dans une ville comme Yaoundé, il n’existe pas de salles de cinéma», ironise Martial Bengono, enseignant des arts dans un établissement supérieur privé de la place.

Déclin. Selon les avis concordants, le cinéma camerounais tombe dans la désuétude dès la fin des années 90. En disparaissant, le Fonds de développement de l’industrie cinématographique (Fodic) mis sur pied par le gouvernement, a laissé un vide dans ce secteur en termes de ressources financières du fait des appétits «gombotiques» de certains de ses responsables qui puisaient dans ces fonds destinés pourtant à soutenir les artistes dans la réalisation des films. Pris de court, les réalisateurs camerounais iront fouiller les financements sous d’autres cieux plus précisément en France et au Canada. La crise économique quant à elle a considérablement englué sur les moyens financiers de l’Etat dans sa volonté de soutenir le 7ème art. Avec elle, la piraterie a gangrené le secteur. «C’est la piraterie et les taxes qui ont favorisé le déclin du cinéma camerounais», soutient Joseph Mangué, ancien gérant d’une salle de cinéma à Douala. Et sur ce point, les opinions convergent. «Pensez-vous que je puisse payer 1500 FCFA pour un coup double alors que chez moi avec 500 FCFA voire moins, j’ai un Dvd de ces films»; raisonne Cyrille Essisima, amateur de films à Ngoumou. Pour lui, le faible pouvoir d’achat des Camerounais serait aussi l’une des causes de la fermeture des salles de cinéma. Cependant, les salles clandestines de projections cinématographiques vulgairement appelées ciné clubs, essaiment dans les quartiers populaires et dans les campagnes. Ici, les prix sont expéditifs. «Avec 50 à 100 FCFA on peut voir plusieurs films, parfois les hors-séries»; reconnaît Clarisse Minyem, cinéphile au quartier Nsam à Yaoundé. «Les mesures répressives contre les cinés clubs déclencheront à coup sûr, avec notamment le soutien de l’Etat, la réouverture des salles de cinéma». Déclare une source proche du Minarc qui a requis l’anonymat.

 La Meteo Aug 13th, 2013 

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